J’ai participé au nom d’Antiote à la soirée qui a vu la signature d’une convention permettant la création d’un guichet unique pour les aides à la création, l’entretien et l’extension des entreprises du bassin de Caux. Bassin de Caux qui se situe en ce qui nous concerne, entre Le Havre et Rouen, autant dire au milieu des vaches, où la notion de haut débit se définit dans la réponse d’une conseillère Bouygues Telecom « Oh mais vous avez un bon débit, avec 4Mo « , il y a quelques mois je surfais avec la fibre à Paris ! Je n’avais pas les embruns marins, certes, ni la douce odeur des pesticides répandues avec grâce au grée des vents.

Je m’égare, la soirée était fort sympathique, je venais à titre de curiosité et aussi pour soutenir l’effort fait, ce qui est la moindre des choses, mais très vite je me suis senti un peu seul. Je m’en explique : Yvetot compte 18 salons de coiffures et une startup dans l’internet des objets, depuis que je suis installé à Yvetot. Lors de mes rencontres je n’ose même plus dire l’iOT ou M2M, me heurtant à une vague grimace de la part de mon interlocuteur, de plus lorsque je dis que je suis une startup dans l’IOT, je suis vu comme un étranger qui ne parle pas la langue du cru. Mais pour en revenir au rapport de force entre les coiffeurs en nombre et moi même qui suis chauve, imberbe et moins encore selon les jours et les humeurs, ce rapport est forcément en ma défaveur dans les discussions. Si je fais un parallèle avec certaines réponses d’investisseurs que j’ai pu croiser lors de vies antérieures, je dirais que « je ne crois pas à la cible, le modèle économique vue de ma fenêtre n’est pas évident en tant que chauve », mais passons.

Le sujet de mon petit laïus est la difficulté de faire comprendre ce que l’on fait quand on est dans une région où la production de fromages est plus répandue que l’innovation dans les technologies, et cela même avec toutes les aides du monde on aura du mal à créer une dynamique autour de pôles forts tout en restant isolés géographiquement. C’est d’ailleurs la raison qui m’a amené à reprendre un bureau à Paris pour garder un rythme et une respiration de startup.

Ne nous trompons pas je ne me plains pas du tout de tout ce qui est mis en place, cela va dans le bon sens, mais je me fais simplement la réflexion, que vu de la capitale on pense que toute la France est au même niveau d’informations… Or on se trompe, il y a un gap du niveau d’informations voire de compréhension entre les grandes villes et les villes de moindres importances en province. Ce n’est pas du tout péjoratif de dire cela, c’est juste une réalité que l’on peut observer en parlant dans les cafés voire à des soirées de networking locales…

Cela me fait penser à la solution mise en place de consultation par internet pour lutter contre la désertification médicale, le modèle est louable, l’intention bonne, mais quand il n’y a ni le débit, ni la compréhension du numérique comment voulez vous que la mamie du Morvan ou d’Yvetot fasse confiance à un écran ou comprenne comment utiliser le bignou mis à disposition ?

Voilà, si vous avez des expériences identiques dans vos provinces n’hésitez pas à me contacter…

 

 

 

 

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